Chien de garde, de défense, mais également de compagnie, le rottweiller doit son manque de popularité à sa mauvaise réputation, mais en réalité c'est un chien qui n'est pas agressif sans raison valable.
L. Mordasini
Ces mâtins (du latin mansuetus apprivoisés) étaient différents des canes pugnaces qui combattaient les barbares ou les fauves dans l'arène : ils étaient apprivoisés, familiarisés avec l'être humain et socialisés ;
Les bouviers suisses ont leurs descendants.
Les Romains établirent un camp militaire à Rottweil qui devint au Moyen Age une petite ville prospèrede l'Etat de Wurtemberg (actuel Bade-Wurtemberg) de l'ancienne Allemagne. On y côtoyait des marchands, des commerçants de différentes corporations, dont les bouchers. Ils venaient de loin par des chemins peu sûrs. Aussi, des chiens appelés <metzgerhund>, les accompagnaient et protégeaient les troupeaux et les hommes à l'aller et, au retour, ils portaient l'argent gagné dans des sacoches sanglées autour du corps. Efficaces, intelligents et courageux, ils devinrent très populaires et recherchés comme compagnon de route.
Peu à peu, le chien de bouvier de Rottweil devint plus homogène et supplanta les divers molosses de la région. Il prit alors le nom de rottweiler, bouvier allemand, et fut présenté officiellement à Heilbronn en 1892 au cours d'une exposition.
Au début du XXe siècle, la législation recommanda le transport du bétail par voie ferrée, tout en interdisant l'utilisation du réseau routier. Certains marchand.s conservèrent leurs rottweilers pour surveiller le chargement du bétail. Perdant de sa popularité, la race fut sauvée par quelques éleveurs consciencieux, qui définirent un standard en 1901. Parmi ces éleveurs amateurs se trouvait Albert Graff, un des <pères> du rottweiller, qui était désireux de relancer la race grâce à une autre utilisation. Le rottweiler de l'époque était un chien plutôt quelconque, ni grand ni petit, plutôt semblable au boxer, mais sans l'élégance de ce dernier. D'une trentaine de kilos, il n'était pas aussi puissant qu'aujourd'hui.
Pendant la Première Guerre mondiale, le rottweiler devint un chien militaire. Sa polyvalence, ses capacités de dressage, sa détermination en firent autant un chien de ferme qu'un auxiliaire de police. Des brigades spéciales.se servirent de lui pour contrôler les manifestations dans les rues. Ces utilisations policières et répressives sont-elles la source de sa mauvaise réputation ?
Le <Rott> ou <Rottie>, comme disent les Américains, est resté confiné à l'Allemagne jusqu'aux années trente, puis s'est tout doucement implanté dans les pays anglo-saxons pour être finalement reconnu par l'American Kennel Club en 1935.
En revanche, la Grande-Bretagne ne l'accepta qu'en 1966, et les pays francophones encore plus tard.